La concurrence est rude, pour obtenir le label de premier flic de France. Le nouvel horizon que dessinent nos ministres et élus en participant à cette manifestation et en s’associant ainsi aux revendications policières est celui d’une société dans laquelle la police devient une puissance autonome au lieu d’être une force publique au service des citoyens. Quel est le nom d’un tel régime?
À la revendication des policiers à «plus de moyens» s'adosse un déni flagrant, celui des violences policières. Répétant à l'unisson leur discours unique, ils indiqueront que 99% des interventions se passent bien, si ce n'est face aux «voyous» des cités. Comme si celles et ceux qui ont subi des violences méritaient de mourir.
A Lyon comme à Paris, le dispositif de maintien de l’ordre mis en place lors des manifestations du 1er mai confirme la fuite en avant répressive du gouvernement. Il marque peut-être un tournant : tout devient prétexte à des charges brutales et arbitraires.
Une explication simple aux violences policières consiste à affirmer que le corps policier est par essence violent ou a contrario à affirmer que le corps policier n’est pas violent, qu’il y a des individualités douteuses. En tant que syndicaliste policier, je pense que ces violences s’expliquent par la superposition au fil du temps d’une multiplicité d’erreurs. Analyse des perspectives de restructurations qui pourraient aider la police à remettre du lien entre elle et la population.