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La police n'est pas raciste mais…
« Il n'y a pas de racisme dans la police » a affirmé Laurent Nuñez, le préfet de Police de Paris, ce dimanche. « La police n’est ni violente, ni raciste » expliquait déjà le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux en décembre 2020. Alors qu'une semaine après le décès de Nahel, un retournement médiatique et politique s'est opéré face à « l’impératif de l’apaisement », les violences policières sont passées en arrière-plan, et les propos d'un syndicat policier comme « Hordes sauvages », « nuisibles », « nous sommes en guerre » ont pu être prononcés sans être désavoué publiquement par les autorités publiques. Retour en cinq contributions sur une spécificité bien française...
Il est devant moi, il a vingt ans, il me dit j’ai envie d’aller avec eux mais je ne veux pas tirer de mortier. J’admire sa maturité, son désir de résistance et sa sagesse. Je suis rassurée qu’il ne soit pas dehors cette nuit dans les rues. S’il y était, j’aurais peur pour lui. J’aurais peur de la police. J’aurais peur qu’il soit frappé, mutilé, tué.
Le traitement des populations racisées par la police française est peut-être familière à un public américain, mais elle apparaît comme exceptionnelle et choquante dans la plupart des démocraties européennes.
Et ce qu'elle nous enseigne sur la manière de lutter efficacement contre la violence croissante du capitalisme et son inéluctable dérive illibérale.
Je connais la colère des jeunes, elle forme la même boule qui serre nos gorges à tou·tes chaque fois que l’un·e de nous est brutalisé, violenté, tué.
Dans l’Hexagone, de 1953 à la mort dans les circonstances que l’on sait de Nahel, le 27 juin 2023, le nombre des victimes racisées, tombées pour différentes raisons sous les balles des forces de l’ordre, se comptent par centaines. Quelques rappels.
C’est toujours l’Etat qui fixe le degré de violence dans une société. De Zyed et Bouna à Nahel, c'est la continuité du Racisme d’Etat et du capitalisme colonial qui s’exerce contre les habitants des quartiers populaires, y compris dès le plus jeune âge sur des corps d’enfants. Des corps d’enfants racisés, donc déshumanisés, qui n’aspirent qu’à la liberté et au droit à l’égale dignité humaine.
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« Combien de temps devrons-nous subir ses prises de parole égotiques et stériles, qui réduisent notre place à celle de simples spectatrices ? » Suite au minutage de la durée des interventions au conseil municipal de Noisy-le-Sec, un collectif d'élues de la ville s'indignent des réactions sexistes suscitées. « Comment combattre le sexisme lorsqu’en guise de réponse à notre démarche progressiste, on nous déploie la carte du mansplaining en arguant que le maire n’a qu’à déléguer davantage à ses adjointes qui sont “muettes comme des carpes” ! »
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Le puissant soulèvement populaire de 2021 en Colombie s’est soldé par le bilan de 3486 cas de violences policières. Plus de deux ans après le soulèvement, 305 jeunes croupissent encore dans les prisons colombiennes sans avoir été jugé·es. Un large collectif appelle à organiser « une grande campagne unitaire pour la libération des personnes emprisonnées à cause de leur participation au soulèvement populaire ».
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