Lors de sa conférence de presse du 7 janvier 2021 sur la situation sanitaire, le Premier ministre n’a pas évoqué le sort des étudiants. Ce silence est en lui-même signifiant du désintérêt - si ce n'est du mépris - que l'exécutif porte aux usagers comme aux personnels du service public de l'enseignement supérieur.
« Il y a des étudiants fragiles qui se suicident », disait la ministre Frédérique Vidal le 2 janvier, une ministre et un gouvernement qui ne soutiennent ni les étudiants, ni l’université, ni la recherche. Et qui mettent des milliers de vies en danger. Publication d’un message aux collègues et étudiant.e.s de l’Université de Strasbourg, qui devient ici une lettre ouverte.
Seul un étudiant sur dix parvient encore à suivre ses cours en ligne. Non, le problème n'est pas individuel. Arrêtez de nous envoyer vers des psychologues tout en prolongeant notre isolement.
Année après année, la part des emplois non titulaires augmente à l’éducation nationale, celle des démissions aussi. N’y aurait-il pas là de quoi s’interroger concrètement sur le sens et l’avenir des métiers, au Grenelle de l’éducation et ailleurs?
Nous diffusons ici un texte publié samedi 5 septembre sur le site d'Université ouverte. Loin d'être un témoignage isolé, ce texte est un révélateur de ce qui se joue aujourd'hui à l'université ; il est aussi un appel à nous organiser pour défendre notre service public, nos conditions de travail et d'étude.