La thématique du jour
Bétharram et la « mécanique » de la violence institutionnelle
Pendant que François Bayrou dénonce la « mécanique du scandale » qui se referme sur lui, que les dirigeant·es préfèrent le déni à l'action, les contributeurs du Club analysent les dogmes et les impensés qui sous-tendent ces violences. Comme le résume Lyes Louffok, militant des droits de l'enfant, « la société délègue la gestion de ces enfants et détourne le regard ». Lucas M., ancien élève de Bétharram, espère que l'on « s'interrogera sur ce dont Bétharram est le nom : l'oppression des enfants par la classe des adultes. »
Le témoignage de Françoise Gullung révèle un mécanisme propre aux institutions : quand des enfants ne sont plus perçus comme des sujets de droit, la violence institutionnelle s’installe et perdure. On sait. On sait depuis des décennies. Ce qu’il manque, ce n’est pas de l’information. C’est la volonté d’arrêter de détourner le regard.
François Bayrou se voit en victime d’une « mécanique du scandale » dans l’affaire Bétharram. Mais les mots ont un sens. S’il y a des victimes, ce sont les anciens élèves qui ont subi ces agressions. Le « scandale » c’est que ce système pervers et ces silences complices aient pu durer si longtemps.
François Bayrou ment aussi sur la « mécanique du scandale » : la diffusion de l’information et les réactions du public, politiques et imprévisibles, sont bien moins mécaniques que l’enchaînement du déni de responsabilité, de l’effacement devant les victimes et de l’attaque de la presse ; et moins mécaniques que le soutien à l'enseignement privé.
Élève du lycée de Bétharram à la fin des années 1990, j’étais comme beaucoup au courant des différentes accusations dont faisait l’objet l’établissement, mais entre les sévices physiques et les agressions sexuelles, je n’ai jamais posé de frontières, tout participait du même système, celui d’un culte de l’autorité.
L’éclatement du scandale notre Dame de Bétharram et la mise en cause directe de M. Bayrou a toujours été traitée séparément de la répression par l’Etat et certains élus régionaux de l’enseignement privé musulman sous contrat, répression qui s’est accélérée en 2025. Pourtant, les deux ne devraient pas être pensées séparément. Retour sur l'itinéraire politique de M. Bayrou dès 1994.
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