La thématique du jour
« Être républicain, c'est pleurer la mort de Nahel » : de la république à « l'ordre républicain »
Ces jours-ci, s’élever contre le racisme structurel de la police, c’est sortir de « l’arc républicain ». A à la faveur d’un hold-up réactionnaire des tenants de « l’ordre » républicain, la République apparaît comme le bras armé des forces répressives. Contre cette confiscation de la République au mépris de ses racines historiques émancipatrices, certain·es rappellent « la grande lutte héritée de la Révolution française, et toujours pas résolue, d’une république rempart à l’ordre social bourgeois et capitaliste » (Oussama Sbaï) et demandent l’avènement d’une « République sociale ». Une nation « aux antipodes de celle prônée par les tenants d’une nation ethnique » (Pierre Ouzoulias).
Être républicain, c’est célébrer la panthéonisation de Missak Manouchian et pleurer la mort de Nahel. Être républicain, c’est défendre la paix civile et faire en sorte que l’égalité des droits s’applique partout dans le pays. Être républicain, c’est considérer que la nation est un projet politique, composée de citoyennes et de citoyens de toutes les origines.
Si depuis Sarkozy la doctrine du maintien de l'ordre n'a cessé de se militariser, les dernières semaines ont vu l'État français basculer dans une logique de "rétablissement de l'ordre", c'est à dire une doctrine qui peut aller jusqu'à l'usage de la force létale sans discrimination.
Dans son dernier livre « L’identité républicaine de la France » Jacqueline Lalouette propose un vaste panorama historique, politique et culturel des fondements de notre République.
Dans l'espace occidental, le défilé militaire marquant seul en France la fête nationale fait exception. Sous le Front populaire et après la Libération, des défilés populaires avaient lieu le 14 juillet. En 1953, une répression policière meurtrière y a mis fin, qui a fait sept morts par balles, six Algériens et un responsable des métallos CGT. Des associations souhaitent en reprendre la tradition.
Politiste, spécialiste de l’islamisme marocain et des rapports entre islam et politique en France, Haoues Seniguer répond à mes questions à l’occasion de la parution de son ouvrage « La république autoritaire » aux éditions Le Bord de l’eau.
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En ce jour de mobilisation en mémoire d'Adama Traoré menée par sa sœur Assa, et alors que les mères déjà stigmatisées des quartiers populaires apparaissent en bouc-émissaires de décennies d'abandon des banlieues par le pouvoir, focus sur le rôle des familles, des mères, des soeurs, dans la lutte contre les exactions policières racistes. Outre les importants blogs du collectif «Front de mères» ou celui des soutiens des jeunes du Mantois - tenu par les mères et proches de la «classe qui se tient sage», les analyses du Club permettent de saisir combien se niche dans la politisation du lien filial de puissants combats pour la justice.
[Rediffusion] À la suite des révoltes dans les quartiers populaires consécutives à la mort du jeune Nahel, tué par un policier, le « rôle considérable » des jeux vidéos a été mentionné comme cause de l'apparition de la violence. Pour un ensemble de professionnels du soin psychique et de la santé mentale, de la recherche, de l’accompagnement des enfants et adolescents et de la prévention, les jeux vidéos sont la « cause récurrente de tous les maux » et l'alibi facile, en stigmatisant un usage culturel, « d'une société société sous panique morale ».
« Combien de temps devrons-nous subir ses prises de parole égotiques et stériles, qui réduisent notre place à celle de simples spectatrices ? » Suite au minutage de la durée des interventions au conseil municipal de Noisy-le-Sec, un collectif d'élues de la ville s'indignent des réactions sexistes suscitées. « Comment combattre le sexisme lorsqu’en guise de réponse à notre démarche progressiste, on nous déploie la carte du mansplaining en arguant que le maire n’a qu’à déléguer davantage à ses adjointes qui sont “muettes comme des carpes” ! »
Le puissant soulèvement populaire de 2021 en Colombie s’est soldé par le bilan de 3486 cas de violences policières. Plus de deux ans après le soulèvement, 305 jeunes croupissent encore dans les prisons colombiennes sans avoir été jugé·es. Un large collectif appelle à organiser « une grande campagne unitaire pour la libération des personnes emprisonnées à cause de leur participation au soulèvement populaire ».
Le Festival Résistances propose en Ariège 8 jours pour échanger et construire une culture commune autour de films sélectionnés par des comités bénévoles tout au long de l'année.
Dans l'espace occidental, le défilé militaire marquant seul en France la fête nationale fait exception. Sous le Front populaire et après la Libération, des défilés populaires avaient lieu le 14 juillet. En 1953, une répression policière meurtrière y a mis fin, qui a fait sept morts par balles, six Algériens et un responsable des métallos CGT. Des associations souhaitent en reprendre la tradition.
Depuis 2008, Mediapart est partenaire du festival Les Suds à Arles. Pour cette 28e édition du festival, du 10 au 16 juillet, les Suds font vibrer toute la ville au rythme des plus grandes voix et sonorités du monde. Découvrez le programme de Mediapart à Arles et tentez de gagner des places pour les concerts !