En 1988 Christiane Rochefort publie «La porte du fond». Un formidable livre qui décrit l'emprise d'un père incestueux sur sa fille. Et se voulait une réplique cinglante à ceux qui préféraient croire en la séduction.
Après le lancement du #Metooincest, des dizaines de milliers de témoignages libèrent la parole, jusqu’ici réfugiée dans la honte. Eloïse Guimard a choisi le documentaire pour rompre le silence. Ces hommes et ces femmes exemplaires qui ont le courage de raconter ces histoires venues de l’ombre, nous devons les lire, les croire, les accompagner pour prendre conscience de l’ampleur de ces drames.
Ce document est une étude juridique sur le sujet de la filiation incestueuse, que j'ai écrite en mai 2018.
Compte tenu de l'actualité (parution du récit La Familia Grande, MeTooInceste), je le poste car il contient des analyses qui pourront peut-être inspirer à certain.e.s des prolongements dans le combat contre tous les silences qui entourent les incestes et les situations incestueuses.
« Sous mes yeux, le récit d’un inceste. Et l’enquête s’est arrêtée ». Par ces mots, la juriste Camille Kouchner dévoile une réalité qu’affronte la majorité des victimes de violences intrafamiliales. Ayant été témoin de bien des retournements de procédure, je décris ici des mécanismes par lesquels la parole des victimes est renvoyée au silence ou est même retournée contre elles.