Lorsque lundi 6 juillet, Alexis Kohler a annoncé la composition du gouvernement, j’ai perdu mon souffle. Un instant. Comme si je venais de me prendre une gifle. Une claque soudaine, brutale.
La nomination de l'avocat Eric Dupond-Moretti pose d'innombrables questions compte tenu de son passif à l'égard de nombre de victimes, de magistrats, et de professionnels, du mépris qu'il n'a cessé de leur manifester dès qu'il en a eu l'occasion dans nombre de procès.
La France réclamait la justice sociale, son chef d’Etat lui a proposé un symbole de régression sociétale. Alors que l’Hexagone entrevoit peu à peu la sortie de la crise sanitaire, les pensionnaires de l’Elysée ont enterré, à travers le remaniement, les revendications portées par celles qui ont pourtant permis à notre pays de se maintenir durant ces temps si difficiles.
La vague victorieuse des municipales s'est vite rapetissée en douche froide pour les militant.e.s féministes. Le remaniement ministériel, simulacre de réponse du gouvernement aux aspirations exprimées lors du 2nd tour des municipales, a révélé la béance de la fracture entre les tenant.e.s de l'ancien monde et les autres.
Le collectif « Chair collaboratrice » appelle à des sanctions contre les auteurs de violences sexuelles dans le monde politique et déplore le mauvais exemple que donne le sommet de l’État en nommant à des ministères régaliens Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol, et Éric Dupond-Moretti, qui préfère les femmes aimant être sifflées à celles qui tweetent #MeToo.