Philippe Grand fut son collègue aux Archives de Paris et son ami. Tous deux contribuèrent à faire admettre à la Justice que la police parisienne commit un massacre de manifestants algériens le 17 octobre 1961. Ils subirent pour cela de lourdes sanctions déguisées. Philippe Grand dit ici quelle archiviste exceptionnelle et quelle citoyenne exemplaire fut Brigitte Lainé.
Les chercheurs fréquentant les archives publiques françaises, dont le Service historique de la Défense (SHD), se voient depuis peu dans l’impossibilité de consulter de très nombreux documents d'après 1940 accessibles selon la loi : tous ceux qui furent tamponnés «secret» ou «très secret» lors de leur production, durant les répressions coloniales à Madagascar, en Indochine ou en Algérie. Par Gilles Manceron et Fabrice Riceputi.
Selon M. Macron, « la guerre d’Algérie reste un impensé », et il y a « tout un travail à faire avec les historiens, mais cela prend du temps »... Une histoire que les historien·ne·s travaillent à écrire depuis des décennies. Mais depuis janvier 2020, les archives ouvertes dans les années 1990 ont été brutalement rendues inaccessibles, rendant ce travail impossible. Avec la LPPR en préparation, notre génération d'historien·ne·s est doublement sacrifiée.
Nommée l’an passé par l’Elysée à l’occasion du 25ème anniversaire du génocide au Rwanda, la commission Duclert l’avait été pour bénéficier d’un pouvoir d’investigation dont étaient privés les chercheurs. Disons-le sans ambages: les résultats de telles commissions tiennent à la situation de conflit d’intérêt entre le commanditaire et les membres de la commission à la tête de laquelle est nommée une «personne de confiance». Billet d'humeur de Sonia Combe, historienne.