C’est donc Noël. Il faut s’amuser. Si, si. S’a-mu-ser ! Pour conjurer le mauvais sort que nous a jeté Sa Majesté Covid XIX. Pour ne pas se laisser abattre comme un vulgaire sapin. Pour oublier l’avalanche d’emmerdes qui s’annonce. Pour faire comme si. Mais attention faire comme si, certes, mais avec prudence. Pas plus de six à table.
La plupart des visites sont réalisées dans des lieux sans aucune confidentialité (hall d’accueil, sas, couloir…). Pour ceux qui peuvent l’exprimer oralement, les mots utilisés pour définir la période actuelle sont prégnants : « Prison, guerre, enfermement …». Dans une certaine mesure, plus le temps passe et plus les soignants deviennent les complices inconscients de cette souffrance morale.
Le 24 décembre 1870, alors que l'armée prussienne assiégeait Paris, un notable bourgeois maire du IIIe arrondissement, Théodore-Jacques Bonvalet, conviait ses affidés à réveillonner chez Peter's, 24 passage des Princes, au Palais-Royal...
D'un côté, les douces chocolateries de Noël. Sous d'autres cieux, des pays producteurs de cacao engagés dans un bras de fer avec les multinationales du chocolat, pour obtenir un prix "décent" permettant aux planteurs de sortir, un peu, de la galère dans laquelle ils sont plongés.
La solidarité des citoyens ou des associations est parfois l'ultime recours des familles à la rue. Jean-François Véran, coordinateur à MSF, Sandrine Creus et Ophélie Bodin, infirmières de l’association en Ile-de-France, retracent leur journée avec Inaya. Cette mère vivait à la rue avec ses enfants, par crainte d’une expulsion, jusqu’à ce qu’elle se présente à eux à la recherche de soins médicaux.