Ce 9 décembre, jour anniversaire de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État, le conseil des ministres va adopter un projet de loi « confortant les principes républicains » pour lutter « contre le séparatisme ». Pour l'historien de la laïcité que je suis, ce texte manifeste une pente dangereuse vers une «sarkozysation» à laquelle, dans cette lettre ouverte, je supplie Emmanuel Macron de renoncer.
Des personnalités d’horizons divers protestent contre la dissolution du Comité contre l’islamophobie en France (CCIF) prononcée le 2 décembre : « Elle va dans le sens de ce que souhaitent les terroristes. On dissout une association dont aucun dirigeant n’a fait l’objet d’incrimination claire des faits reprochés en bloc à la structure. C’est ce que l’on appelle un procès d’intention. »
Depuis l'assassinat de Theo Van Gogh en 2004, les Pays-Bas savent qu'ils peuvent être la cible d'attentats islamistes. Mais ils misent beaucoup sur la prévention et la confiance qu'inspirent les autorités. Même s'ils n'ont pas trouvé de formule magique pour construire un islam « européen ».
Une formule revient souvent dans la bouche de nos politiciens lorsqu'ils parlent de laïcité : ne respectent à leurs yeux la laïcité que celles et ceux qui placent la loi de la République au-dessus de la loi de Dieu. Personnellement, je ne suis pas croyant ; à mon avis, cependant, la coexistence pacifique entre incroyants et croyants suppose que les uns s'efforcent de comprendre les autres et de se mettre à leur place. C'est ce que j'ai voulu tenter dans le présent texte.
La question peut paraitre provocante, surtout dans le contexte actuel, mais c’est l’esprit du mauvais élève que d’en poser parfois au professeur. Et alors qu’une loi propose d’interdire l’école à la maison pour lutter contre les séparatismes et conforter les principes républicains, vérifions si ce contre-point audacieux a quelques arguments...