« Je m’exprime aujourd’hui, car ma peur compte moins que celle des femmes qui n’oseront pas entrer dans un commissariat ». Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris, interpelle Emmanuel Macron après la nomination de Gérald Darmanin au poste de Ministre de l'Intérieur, pour qui une suspicion de viol n'est « pas un obstacle » à diriger le pays. « Je vais vous dire ce qu’est pour moi la liberté : l’absence de peur », écrivait Nina Simone. « Que les femmes aient peur en France en 2020, je ne l’accepterai jamais. »
Présomption d’innocence… Sur ce sujet bateau, l’actualité ne manque jamais d’y voguer avec la régularité des navettes fluviales. Pourtant, à voir comment le président Emmanuel Macron l’a travestie, lors de son interview du 14 juillet, pour défendre sa nomination de Gérald Darmanin au poste de ministre de l’Intérieur, il devient urgent d’en rappeler les principes.
Le collectif « Chair collaboratrice » appelle à des sanctions contre les auteurs de violences sexuelles dans le monde politique et déplore le mauvais exemple que donne le sommet de l’État en nommant à des ministères régaliens Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol, et Éric Dupond-Moretti, qui préfère les femmes aimant être sifflées à celles qui tweetent #MeToo.
9h du matin. Commissariat d’un arrondissement du centre de Paris. J'explique ma situation. J’ai fait une main courante pour violences conjugales il y a un mois, je peux porter plainte à tout moment pour ces faits. Je suis nerveusement épuisée. En sortant je m’effondre en larmes.